toujours cette boue

toujours cette boue
Des cadavres sont enterrés dans les parapets et pourrissent dans l'humidité. De temps à autre, un pied chaussé apparaît et fait saillie dans la tranchée. La boue empêche presque de passer et voici que j'enfonce jusqu'aux genoux., j'ai un instant peur de ne jamais pouvoir m'extraire. L'angoisse exalte l'énergie, je m'arrache et je poursuis; à un bras de distance, un corps est tombé face en avant de l'eau. Tant que les tranchées sont dans un tel état, nous ne pouvons aller aux Allemands ni eux à nous. Les deux adversaires sont englués là où ils sont. Le ciel seul sait ce que nous faisons ici et, si nous en sortirons jamais. Comme des monuments grotesques, les hommes sont à leurs postes, recroquevillés sous leurs toiles de tente. Des papiers nous arrivent, qui parlent des travaux à faire; nous répondons que bonne note est prise mais à peu près rien n'est fait, pour l'excellente raison que Dieu n'a pas créé les hommes capables de creuser et de réparer des tranchées quand la terre les paralyse à chaque pas. Les pelles ne servent à rien, la pluie n'a cessé de tomber depuis deux jours.

# Posted on Thursday, 02 November 2006 at 2:43 AM

Edited on Thursday, 02 November 2006 at 2:38 PM

La boue dont on ne peut se défaire

La boue dont on ne peut se défaire
H Robertson
Nous ne craignons ni l'ennemi, ni les balles qui sifflent, ni la trajectoire d'un obus, ni l'explosion d'une mine, ni les tireurs d'élite qui cherchent à tuer dans l'œuf nos jeunes espoirs, nous ne craignons pas le canon, pas plus que l'ennemi.
Nous craignons la boue, la boue, la boue..
Colonel LORIEUX
De toutes les boues qui ont été pour les poilus l'une des plus cruelles souffrances de la guerre, celle de la Somme occupe dans leurs souvenirs, la première place. Boue lourde, gluante dans laquelle on ne risque pas de disparaître comme en Woëvre mais d'où l'on ne sort pas.[/i
Pierre LOTI
Par degrés nous pénétrons dans ces zones inimaginables à force de tristesse et de hideur que l'on à récemment qualifiées de lunaires. Mais dans la lune, au moins il ne pleut pas. Tandis qu'ici tout cela est plein d'eau. A l'infini ce sont des séries de cuvettes trop remplies que l'averse inexorable fait déborder les unes sur les autres

# Posted on Saturday, 04 November 2006 at 2:37 AM

Edited on Saturday, 04 November 2006 at 2:54 AM

la boue (suite)

la boue (suite)
" Nous traversâmes avec circonspection le val du Paddebeek, balayé par les tirs, nous cachant derrière les frondaisons de peupliers noirs couchés par le bombardement, et utilisant leurs troncs en guise de passerelles. De temps en temps, l'un de nous disparaissait dans la boue jusqu'aux hanches, et si ses camarades ne lui étaient venus en aide et ne lui avaient tendu la crosse de leurs fusils, il se serait infailliblement enlisé. (...) Nous courions sur les crêtes des entonnoirs comme sur les parois étroites des logettes dans un gâteau de cire. Des filets de sang, à la surface de certains trous de marmite, révélaient que déjà plus d'un homme s'y était englouti. "

Ernst Jünger, Orages d'acier.

tableau:Paul Nash, The Menin Road (La route de Menin)

# Posted on Saturday, 04 November 2006 at 2:46 AM

La vie dans les tranchees

La vie dans les tranchees
En attendant l'entrée en vigueur du principe d'une permission de sept jours tous les six mois,par roulement a partir du mois de juillet,il faut continuer à ménager le moral des troupes.
Les soldats,d'eux memes,s'obligent à des occupations et des plaisirs simples.
L'année 1915est celle de l'art des tranchées,des journaux du front,des concerts et des representations théatrales,mais également celle de la discipline,des revues de détail,des inspections et du mal-aimé "ordre serré".
On demande à des enfants de devenir des hommes dans la tranchée,on oblige souvent ces hommes à obéir et à redevenir des enfants disciplinés dès que la premiere ligne s'éloigne.
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# Posted on Thursday, 09 November 2006 at 12:13 PM

Edited on Thursday, 09 November 2006 at 12:25 PM

Disparition du doyen des poilus

Disparition du doyen des poilus
Maurice Floquet, 111 ans, le plus âgés des cinq derniers poilus français de la Première guerre mondiale, est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi
Il est mort la veille des célébrations du 11 novembre.
Le doyen des poilus, qui aurait fêté ses 112 ans à Noël, était alité depuis quelques jours au domicile de l'une de ses filles à Montauroux, village de l'arrière-pays varois, où il vivait depuis 26 ans.
Né le 25 décembre 1894, Maurice Floquet a été mobilisé en septembre 1914, à 19 ans, et incorporé au 26ème régiment d'infanterie. Il a pris part aux premiers combats dans la Somme où il a été blessé.
il ne voulait plus qu'on parle de lui
Le 25 septembre 1915, il a été blessé une deuxième fois, lors d'une attaque dans la Marne. Rendu à la vie civile en septembre 1919, il a exploité un garage en Haute-Marne, jusqu'à sa retraite en 1952. Il s'est ensuite installé dans le Var, où réside l'une de ses filles.
Le 24 mars 2004, 87 ans après l'armistice, il a reçu les insignes d'officier de la Légion d'Honneur. Depuis 2005, selon sa fille Jeannine, il ne voulait "plus qu'on parle de lui", ni de la Grande Guerre qui lui a valu deux trépanations et la perte d'une oreille

UN HOMMAGE S'IMPOSAIT(paix à son ame!!)

# Posted on Friday, 10 November 2006 at 12:12 PM

Edited on Friday, 10 November 2006 at 4:33 PM