Un fardeau appreciable.

Un fardeau appreciable.
"Tout ce qui est fabrique pour le soldat est commun,laid,et de mauvaise qualite,depuis leurs souliers en carton decoupe,aux pieces attachees ensemble par du grillage de mechant fil,jusqu'à leurs vetements mal tailles,mal batis,mal cousus,mal teints,en drap cassant et transparent-du papier buvard-qu'un jour de soleil fait passer,qu'une heure de pluie transperce,jusqu'à leurs cuirs amincis à l'extreme,friables comme des copeaux et que dechirent les tenons,leur linge de flanelle plus maigre que du coton,leur tabac qui ressemble a de la paille[...]
Le chargement!Il est formidable,et on sait bien,parbleu,que chaque objetle rend plus mechant,que chaque petite chose est une meurtrissure de plus.
Car il n'y a pas que ce qu'on fourre dans ses poches et dans ses musettes.Il y a pour completer le barda ce qu'on porte sur son dos.
Le sac,c'est la malle et meme c'est l'armoire.Et le vieux soldat connait l'art de l'agrandir quasi miraculeusement par le placement minutieux de ses objets et provisions de menage.En plus du bagage reglementaire et obligatoire-les deux boites de singe,les douze biscuits,les deux tablettes de cafe et les deux paquets de potage condense,le sachet de sucre ,le linge d'ordonnance et les brodeqins de rechange-nous trouvons bien moyen d'y mettre quelques boites de conserve,du tabac,du chocolat,des bougies et des espadrilles,voire du savon,une lampe à alcool,et de l'alcool solidifie et des lainages.Avec la couverture,le couvre pieds,la toile de tente,l'outil portatif,la gamelle et l'ustensile de campement,il grossit,grandit et s'elargit,et devient monumental et ecrasant.et mon voisin dit vrai:chaque fois,quand il arrive a son poste apres des kilometres de route et des kilometres de boyau,le poilu se jure bien que,la prochaine fois,il se debarrassera d'un tas de choses et se delivrera un peu les epaules du joug du sac.Mais chaque fois qu'il se prepare a repartir,il reprend cette meme charge epuisante et presque surhumaine;et il ne la quitte jamais,bien qu'il l'injurie toujours"

Henri Barbusse,le feu,1916

# Posted on Tuesday, 12 September 2006 at 5:31 AM

A lire encore ;)

A lire encore ;)

# Posted on Tuesday, 12 September 2006 at 7:40 AM

Edited on Tuesday, 12 September 2006 at 10:10 AM

le confort des brodequins

le confort des brodequins
La marche,les longues marches qui n'en finissent pas.Les pieds torturés par les brodequins cloutés,inconfortables;cassants.Se chausser,se déchausser avec des pieds gonflés,mouillés,gelés,blessés;ne pas se déchausser pendant des jours,pour etre plus vite sur le pied de guerre:on imagine mal le soucis obsessionnel chez le fantassin de se procurer de bonnes chaussures." Quelle erreur fut la mienne!Si déja hier soir,il fut infiniment laborieux d'enlever mes chaussures,il m'a paru à peu près impossible d'y entrer ce matin,durcies comme elles l'étaient par le froid et l'absence de tout graissage depuis plus d'une semaine,et je suis resté longtemps dans une douloureuse contemplation en face de mes chaussures rétrécies et de mes pieds enflés,me demandant par quel miracle le contenant pourrait de nouveau enfermer le contenu" ,se lamente Jacques Meyer,dans La Biffe

# Posted on Tuesday, 12 September 2006 at 11:01 AM

Le "Lebel",le fusil du poilu.

Le "Lebel",le fusil du poilu.
Le fusil "Lebel" entre en service dans l'armée francaise en 1886.1er fusil à chargeur du monde à etre produit en masse.Autre innovation,il utilisait la poudre sans fumée nommée poudre B.Cette poudre fut remplacée ensuite par la cordite.Ce fusil est consideré par beaucoup comme le 1er vrai fusil moderne.Il fut modifié en 1893,ce qui lui valut l'appellation"Mle 1886 M93".
Il fut le principal fusil francais lors de la grande guerre et les soldats appréciaient sa robustesse et sa precision.
Il fut remplacé par le"Berthier Mle 07-15 M16" en 1916 qui devint le fusil principal de l'armee francaise

# Posted on Tuesday, 12 September 2006 at 3:57 PM

Le Lebel (suite)

Au début de la guerre, la quantité de fusils Lebel est de 2 880 000 unités dont 300 000 en très mauvais état. La production a été stoppée en 1904 et aucune mesure n'a été prise pour la relancer.
Dès novembre 1914, 6 000 fusils sont envoyés chaque jour pour être réparés et restaurés et pouvoir ainsi servir au front le plus vite possible.
En contre partie, en raison de la violence des combats, les pertes au front sont très importantes; il est constaté qu'environ 40 000 fusils par mois sont perdus, enterrés, cassés... rendus inutilisables.
Dans l'urgence, les troupes du génie puis d'Afrique reçoivent des mousquetons Bertier en remplacement de leurs fusils Lebel. Cette opération permet de récupérer 102 000 Lebel.

Caractéristiques :
- poids magasin vide : 4,180 kg
- poids-chargé : 4,415 kg. En 1893, la balle chemisée est remplacée par la balle D en laiton, ramenant son poids à 4,240 kg.
- longueur sans baïonnette : 1307 mm
- longueur avec baïonnette : 1820 mm
- longueur du canon : 800 mm
- calibre : 8 mm
- capacité : 8 cartouches en ligne, six dans le magasin, une dans l'auget et une autre dans le canon.
- vitesse initiale : 716 m/s
- rapidité du tir : 21 coups en 1 minute 34 aux essais du Mont-Valérien.
- portée maximale : le gradin correspond aux distances comprises entre 400 et 800 m. Lorsque la planchette est rabattue vers l'avant, la distance est de 250 m lorsqu'elle est relevée, la distance est de 900 à 2500 m.
- fonctionnement : chargement par culasse à répétition manuelle, c'est-à-dire qu'il faut recharger après chaque tir
- équipement : épée baïonnette de 460 g
Ses équivalents allemand et britannique sont respectivement le Mauser G98 et le Lee-Enfield Mark I. La longueur du fusil Lebel (1,80m) le rend d'usage très peu pratique dans les tranchées souvent étroites de la guerre de position.

# Posted on Tuesday, 12 September 2006 at 4:07 PM

Edited on Tuesday, 12 September 2006 at 4:25 PM